Press 04 MAR 2019

Fespaco : L'Etalon d'Or pour "La miséricorde de la jungle"

Le Fespaco, Festival panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou a remis ce samedi 2 mars les trophées de sa 26ème édition. Trois films belges y ont été récompensés : La miséricorde de la jungle de Joël Karekezi, Au temps où les Arabes dansaient de Jawad Rhalib et Fatwa de Mahmoud Ben Mahmoud.

La miséricorde de la jungle du réalisateur rwandais Joël Karekezi a remporté l’Etalon d’Or du meilleur long métrage ainsi que le Prix d’interprétation masculine pour le belge Marc Zinga.

Le film prend place en 1998 dans la région du Kivu, à la frontière entre le Congo et le Rwanda. Alors que la deuxième guerre du Congo fait rage, le sergent Xavier (Zinga), héros de guerre rwandais, et le jeune soldat Faustin perdent la trace de leur bataillon. Ils se retrouvent alors isolés et sans ressources pour faire face à la jungle la plus vaste, la plus dense, et la plus hostile du continent. Éprouvés par la faim, la soif et la maladie, ils devront faire face à leurs propres tourments, et à ceux d’un territoire ravagé par la violence.

La miséricorde de la jungle est produit par Neon Rouge Production, en coproduction avec Tact Production. Avec le soutien d’Eurimages, du Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles, de l’Aide au Cinémas du monde du CNC, de la Région de Bruxelles-Capitale, du Fonds Image de la Francophonie, du Berlinale World Cinema Fund, de la Coopération belge au Développement, du Tax Shelter du Gouvernement Fédéral belge. En coproduction avec TV5MONDE, VOO et Be tv, Canal+ International. En association avec Take Five, Urban Distribution International et Urban Distribution.

Au temps où les Arabes dansaient de Jawad Rhalib s’adjuge quant à lui l’Etalon d’Argent du documentaire. Déjà récompensé au prestigieux festival de documentaire Visions du Réel de Nyon du prix du public, le film traite des relations difficiles entre art et intégrisme : L’intégriste n’aime pas la vie. Pour lui, il s’agit d’une tentation, un éloignement de Dieu et une perte de temps avant le paradis céleste et ses fleuves de lait au goût inaltérable, ses rivières de vin, ses délices et ses vierges. La vie est le produit d’une désobéissance et cette désobéissance est l’œuvre de l’ARTISTE. L’islamiste en veut à l’artiste qui donne vie à la matière et éloigne les bonnes âmes du paradis par des idées malsaines, un dessin diabolique, un chant envoûtant, une danse maléfique…L’artiste est donc le diable et pour pouvoir le tuer, l’intégriste le déclare ennemi d’Allah. Jadis insouciant, le monde arabo-musulman est devenu l’épicentre d’un intégrisme obtus et souvent violent. La pression des intégristes rend inaudible celle des modérés. La voix de la raison peine à se faire entendre. Face à ce constat désolant qui menace nos libertés les plus basiques, Jawad Rhalib interroge le fascisme islamiste et donne la parole à la voix de la raison pour briser le désormais : « Sois artiste et tais toi! ».

Au temps où les Arabes dansaient est une production R&R Productions en coproduction avec Zonderling, RTBF Télévision belge, CANVAS, Wallonie Image production, Free Son Production. Avec l’aide du Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles, du Vlaams Audiovisueel Fonds (VAF). Avec le soutien de La Coopération belge au développement – DGD, OIF - de l'Organisation Internationale de la Francophonie, du Cirtef, de la Fondation Hassan II, de l’AJP, du Fonds pour le journalisme, du Tax Shelter du Gouvernement fédéral belge. Avec la collaboration de La RTS Radio Télévision Suisse, TV5 Monde et GAD Distribution

Enfin, Fatwa du réalisateur tunisien Mahmoud Ben Mahmoud, coproduit par Les Films du Fleuve, société de production des frères Dardenne remporte l’Etalon de Bronze du long métrage de fiction ainsi que le Prix Spécial de l’Union africaine.

Créé en 1969, le Fespaco a lieu tous les deux ans à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Dédié aux œuvres africaines, il est le principal festival de cinéma et de télévision en Afrique.