Actu 23 OCT 2017

Des films belges au Festival Jean Rouch

Le programme du festival est désormais en ligne : la Belgique est représentée dans plusieurs sections.

La terre abandonnée, de Gilles Laurent et produit par le Centre Vidéo de Bruxelles (CVB), concourra en Compétition internationale.
Dans la zone évacuée autour de la centrale nucléaire de Fukushima, 5 ans après la catastrophe, le village de Tomioka est toujours vide de ses quinze mille habitants. Quelques rares individus vivent encore sur cette terre brûlante de radiations. Les Hangaï ont décidé de continuer à cultiver leur terre. Les Sato réinvestissent peu à peu leur maison avec le projet de s'y réinstaller prochainement, persuadés qu'un repeuplement est possible. Matsumura san, avec son vieux père, s'occupe des animaux abandonnés aux lendemains de l'accident nucléaire. Il est le premier à avoir refusé l'ordre d’évacuer. A sa manière, en faisant de sa vie un symbole, il témoigne et milite pour un monde dénucléarisé. Alors que les travaux de « décontamination », orchestrés par le gouvernement nippon, semblent bien dérisoires et vains face à l'étendue du séisme tant humain qu'écologique, l'existence apparemment déraisonnable mais paisible de ces irréductibles nous rappelle qu'un bout de terre est, en dernier recours, notre lien le plus sûr au monde.

Les Combattants du poil sacré, de Florian Vallée, produit par Leïla Films et produit par le WIP (Wallonie Image Production), reviendra au Festival Jean Rouch : en 2016, le documentaire y avait en effet remporté le Prix du patrimoine culturel immatériel en Compétition internationale. Le jury l’avait d’ailleurs commenté : « Au cœur de l'Europe se rejoue chaque année un combat contre un « redoutable » dragon. Un regard décalé et non dénué d'humour sur un rite initiatique très vivace, où la communauté se retrouve autour de grands ancêtres qui fondent son identité urbaine. » Pour cette édition, il sera présenté dans le cadre des Rencontres du film ethnographique, rendez-vous de projections et de débats pour sensibiliser au documentaire ethnographique les collégiens et lycéens.
Découvrez un combat mystérieux qui se perpétue depuis le Moyen Âge. Plongez au coeur de Mons, ville du royaume de Belgique, où les autochtones se transforment chaque année en une foule sauvage et exubérante. Devenus les combattants, ils sont prêts à tout pour arracher les poils de la queue d’un dragon qui, selon la légende, porteraient bonheur. En 2015, la ville de Mons est mise à l’honneur en tant que Capitale Européenne de la Culture. À cette occasion, le jeune cinéaste montois Florian Vallée a tourné le premier film documentaire sur le Combat dit Lumeçon. Une tradition médiévale et spectaculaire reconnue comme chef-d’œuvre du patrimoine immatériel par l’UNESCO.

Le Festival International Jean Rouch se déroule également hors les murs :

A Montpellier, Les éternels, de Pierre-Yves Vandeweerd, produit par Cobra Films et coproduit par le WIP, sera présenté dans le programme Voir autrement le monde.
On appelle éternels ceux qui souffrent de la mélancolie d’éternité. Convaincus que la mort ne peut avoir raison de leurs vies, ils se croient condamnés à errer dans l’attente du jour où ils seront libérés de leur existence. Ce film est un récit d’errances et de fuites, aux confins du Haut-Karabagh, une enclave arménienne en Azerbaïdjan. Habités par les fantômes du génocide et par la guerre qui y sévit depuis plus de vingt ans, les personnages qui traversent ce film portent en eux la mélancolie des éternels.

Enfin, à Marseille, le programme Voir autrement le monde permettra aussi de (re)voir Les Combattants du poil sacré.

La 36ème édition du Festival International Jean Rouch se déroulerai du 8 novembre au 3 décembre 2017.